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SPAP 3 à Liège le 5 décembre !

La culture de la transition alimentaire et l’anthropologie de la décroissance...

vendredi 13 novembre 2015, par Klaude Charlier, Laurence, Thomas Lauwers

Ce 5 décembre à Liège, le SPAP aura pour thème “la culture de la transition alimentaire” et s’attachera à déverrouiller la transition agroécologique dans nos esprits.

La journée commencera par une intervention d’Olivier De Schutter (professeur de droit international à l’UCL, ex-rapporteur de l’ONU sur le Droit à l’Alimentation) intitulée « Recivilisation de soi et souveraineté alimentaire », à laquelle répondront Michèle Gilkinet (MPOc et Grappe Belgique), Frédéric Dufoing (philosophe de l’écologisme radical), Vincent Delobel (paysan et ethnographe), et Charles Culot (compagnie théâtrale Art&tca, auteur et interprète de “Nourrir l’humanité c’est un métier”).

Grâce à un dispositif participatif d’information/réflexion combinant table ronde le matin et café-transition l’après-midi (après un bon buffet paysan), ces outils feront émerger une intelligence collective nourrissante pour la suite de nos luttes, résistances et construction d’alternatives, fondées sur une bonne compréhension des enjeux globaux et possibilités d’actions locales.

Le SPAP 3 est organisé conjointement par l’Académie des Entrepreneurs Sociaux (ULg), Alternative Théâtre, Barricade, Le Beau-Mur, CATL (Ceinture Aliment-Terre Liégeoise), Le CNCD.11.11.11, Les Compagnons de la Terre, Le FIAN, la FUGÉA, Le MAP, le mpOC Liège, Oxfam-Magasins du monde, Rencontre des Continents et le RESAP (RÉseau de Soutien à l’Agriculture Paysanne).

En quoi une économie plus humaine, initiée par des paysans et des mangeurs solidaires, est-elle indispensable pour faciliter la transition vers des systèmes alimentaires plus durables ?
Peut-on penser le changement plutôt que de changer de pansement ?

Il est aujourd’hui avéré que la mise en concurrence de tous les systèmes agricoles de la planète à travers le libre échange se fait au détriment des petits producteurs de qualité et pour le plus grand profit des multinationales et des négociants qui assurent le transfert de toute cette bouffe comme ils le ferait pour du minerai…

Ce système n’est évidemment pas prévu pour être durable et il ne faut pas attendre que les politiques qui sont à la botte de cette économie débridée ne prennent ni la mesure ni les mesures qui s’imposent pour éviter le crash alimentaire qui arrive…

Il reste donc au citoyen conscient la possibilité de restaurer la souveraineté alimentaire en reconstruisant des petits systèmes agricoles résilients bio, écologiques ou permacoles, ce qui suppose une réappropriation de compétences, moyens de production et investissement humain temps-plein, car nourrir l’humanité est un métier…

Et donc la question revient à savoir comment rendre viable la production durable, comment permettre à tous ces porteurs de projets d’en vivre décemment et à toutes ces initiatives d’essaimer largement dans un contexte de prix non-rémunérateurs ?
Est-ce possible ?

Faciliter l’accès à la terre nourricière, en tant que bien commun, au semences et aux outils aussi, pourquoi pas, tout cela fait partie des possibilités qu’offre la dynamique associative dans notre pays et quelques activistes convaincus sont capables de pallier à un tas d’injustices…

En revanche, proposer un marché éthique-équitable, de prix réellement rémunérateurs, suppose un changement culturel dans les habitudes de consommation les plus courantes au sein de la population : les habitudes alimentaires. Et ce qui est facile à changer dans le sens d’une augmentation du pouvoir d’achat en faisant baisser relativement les prix ne se passe pas de la même façon lorsqu’il s’agit de les hausser au coût de production véritable...

C’est donc bien à une transformation profonde, touchant nos valeurs prioritaires : « vivre simplement pour que d’autres puissent simplement vivre » qu’appelle la transition agroécologique : les paysans sont aussi important à une société que les médecins.

Selon Miguel Altieri, pour réussir à mettre en place un système alimentaire alternatif à celui des multinationales, il faut articuler l’action des fermiers et des consommateurs … Pour renforcer les alternatives, il faut de la volonté politique, des décideurs qui permettent l’accès à la terre, le développement de la recherche et de l’éducation. Il faut des mouvements sociaux très forts qui poussent les politiciens à appliquer ces politiques.

Un article de Thomas Lauwers